Conservez les peptides le plus longtemps possible sous forme de poudre sèche : bien fermés, au frais et à l’abri de la lumière. Pour une conservation prolongée de la poudre, les fabricants de peptides recommandent −20 °C ou moins [1][2]. Laissez un flacon froid revenir à température ambiante, encore fermé, avant de l’ouvrir. Les peptides en solution sont beaucoup moins stables : répartissez-les en portions, conservez-les au froid et évitez de les congeler et de les décongeler à plusieurs reprises. Si l’étiquette indique des conditions de conservation, ce sont elles qui priment.
Poudre ou solution : la différence essentielle
Dans l’eau, les peptides peuvent se modifier de nombreuses façons. La chaîne peut se rompre (hydrolyse), des chaînes latérales peuvent s’oxyder ou se désamider et les molécules peuvent s’agréger [3]. Ces réactions ont besoin d’eau ou se déroulent beaucoup plus vite dans l’eau. Une poudre lyophilisée (lyophilisat) est donc la meilleure forme pour garder des peptides en stock. Bachem déconseille la conservation prolongée de solutions de peptides [2]. Ne mettez donc en solution que ce dont vous aurez besoin à brève échéance.
Température : réfrigérateur ou congélateur
| Forme | Court terme | Long terme |
|---|---|---|
| Poudre sèche, fermée | Réfrigérateur (2–8 °C) ou selon l’étiquette | −20 °C ou moins [1][2] |
| Solution | Réfrigérateur, à titre indicatif jusqu’à environ une semaine [1] | Congelée en portions : −20 °C pour une à deux semaines, −80 °C au-delà [1] |
La poudre supporte sans problème une courte période à température ambiante : selon Bachem, les peptides lyophilisés peuvent être expédiés à température ambiante [2]. Ce n’est pas la même chose que de les laisser des mois sur une étagère. Nos produits portent des conditions de conservation sur l’étiquette et sur la fiche produit. Elles peuvent varier d’un produit à l’autre : l’eau bactériostatique, par exemple, se conserve justement à température ambiante.
L’humidité : le facteur sous-estimé
De nombreux peptides sont hygroscopiques : ils absorbent l’eau de l’air. Cela réduit la teneur en peptide par milligramme et peut diminuer la stabilité [2]. Une étude sur l’insuline lyophilisée a montré l’ampleur possible de cet effet : plus la poudre absorbait d’eau, plus elle s’agrégeait [4].
L’habitude la plus importante qui en découle : sortez le flacon du réfrigérateur ou du congélateur et laissez-le revenir à température ambiante, encore fermé, de préférence dans un dessiccateur, avant de l’ouvrir [1][2]. Si vous l’ouvrez froid, l’humidité de l’air se condense aussitôt sur la poudre. Refermez le flacon immédiatement après usage. Un complément pratique : conservez les flacons au réfrigérateur dans une boîte fermée avec un sachet de dessiccant (gel de silice). Il capte l’humidité qui entre chaque fois que la porte du réfrigérateur s’ouvre.
Lumière et oxygène
Conservez les peptides à l’abri d’une lumière vive [1]. La lumière peut provoquer une oxydation, en particulier du tryptophane [3]. Les peptides contenant de la cystéine (C), de la méthionine (M) ou du tryptophane (W) sont en outre sensibles à l’oxydation par l’oxygène. Sigma-Aldrich recommande, pour les peptides contenant de la cystéine, de remplacer l’air du flacon par de l’azote ou de l’argon [1]. Des traces de métaux, comme le fer et le cuivre, peuvent aussi accélérer l’oxydation en solution [3]. Utilisez donc de la verrerie propre et de l’eau pure, et ne laissez pas inutilement des peptides en solution au contact de pièces métalliques.
Les peptides particulièrement sensibles
La séquence d’acides aminés en dit long. Les peptides contenant de l’asparagine (N), de la glutamine (Q), de la cystéine (C), de la méthionine (M) ou du tryptophane (W) sont moins stables en solution et se conservent moins longtemps [1][2]. L’asparagine et la glutamine peuvent se désamider ; la cystéine, la méthionine et le tryptophane peuvent s’oxyder [3]. Si votre peptide contient un ou plusieurs de ces acides aminés, réduisez encore davantage le temps passé en solution.
Peptides en solution : aliquotes, congélation et décongélation
Si vous devez conserver une solution, répartissez-la immédiatement en portions (aliquotes) que vous n’utiliserez chacune qu’une fois. Vous évitez ainsi de recongeler et de décongeler sans cesse le stock ; les congélations et décongélations répétées sont néfastes pour la poudre comme pour la solution [1]. Sigma-Aldrich indique en outre que des tampons stériles à pH 5 à 6 prolongent la durée de conservation, et que les solutions de pH supérieur à 8 doivent être conservées congelées lorsqu’elles ne sont pas utilisées [1]. Le solvant adapté dépend du peptide ; pour en savoir plus, voir Qu’est-ce que l’eau bactériostatique.
Étiqueter et consigner
La stabilité commence par savoir ce que l’on a. Notez pour chaque flacon le nom du produit, le numéro de lot, la date de réception, la date d’ouverture ou de mise en solution, le solvant et le volume. Surveillez la température du réfrigérateur ou du congélateur avec un thermomètre à minima et maxima. Vous pourrez ainsi vérifier, en cas de résultat anormal, si la conservation a joué un rôle, et confronter vos données au certificat d’analyse (COA).
Pour le rétatrutide, une présentation spécifique figure dans Conserver le rétatrutide, et les différences entre stylo et flacon dans Rétatrutide en stylo ou en flacon. L’ensemble de la gamme se trouve dans la boutique ; les questions sur l’expédition sont abordées dans la foire aux questions.
Pour aller plus loin
- Que sont les peptides ? Explications et notions clés
- Base de connaissances : peptides et matériel de recherche expliqués
Sources
- Sigma-Aldrich (Merck). Handling and Storage Guidelines for Peptides and Proteins. sigmaaldrich.com (consulté le 30 septembre 2026)
- Bachem. Handling and Storage Guidelines for Peptides. bachem.com (consulté le 30 septembre 2026)
- Nugrahadi PP, Hinrichs WLJ, Frijlink HW, et al. Designing Formulation Strategies for Enhanced Stability of Therapeutic Peptides in Aqueous Solutions: A Review. Pharmaceutics 2023;15(3):935. doi:10.3390/pharmaceutics15030935
- Costantino HR, Langer R, Klibanov AM. Moisture-induced aggregation of lyophilized insulin. Pharmaceutical Research 1994;11(1):21–29. doi:10.1023/a:1018981208076
Réservé à la recherche en laboratoire. Les produits Clean Peptides ne sont pas destinés à un usage chez l’humain ou l’animal. Cet article fournit des informations générales et ne constitue pas un avis médical.